Le pressé
Il a un rendez-vous, une place en double file, un enfant à récupérer. Chaque phrase de trop le rapproche de la porte.
Formation des équipes officinales
Entraînez-vous face à des patients joués par une intelligence artificielle : le pressé, le méfiant, celui qui ne voit pas l'intérêt. Chacun a son caractère, son ordonnance et ses raisons de dire non, et il réagit à ce que vous lui dites, jusqu'à accepter ou repartir avec ses boîtes.

Le constat
Anticoagulants, asthme, bilan partagé de médication, anticancéreux oraux, femme enceinte, bilan prévention : l'officine a les missions et la rémunération. Ce qui manque le plus souvent, c'est la minute où l'on propose, et la phrase qui fait accepter. Cette minute-là se travaille comme un commercial travaille son entrée en matière : avec des méthodes, des mots choisis et de l'entraînement.
Moins de 12 %
des officines réalisaient les entretiens des patients chroniques fin 2024, qui touchaient moins de 1 % de la population cible. La Cour des comptes l'explique par le temps nécessaire et la prise de rendez-vous, « contraire aux habitudes de fréquentation des officines ».
Cour des comptes, rapport sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale, mai 2025, chapitre sur les pharmacies d'officine (données Cnam à fin octobre 2024)
30 %
des officines sont engagées dans l'entretien femme enceinte, un entretien unique et court : quand la proposition est simple, les équipes s'en emparent.
Cour des comptes, rapport sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale, mai 2025
4 % puis 19 %
des pharmacies ont réalisé des accompagnements AOD, AVK ou asthme en 2023 puis en 2024, après une incitation de l'Assurance maladie à faire au moins un entretien : le nombre d'officines qui s'y mettent dépend d'abord de l'organisation.
Le Moniteur des pharmacies, « Missions officinales : 105 millions d'euros générés en 2024 », d'après les données de l'Assurance maladie
Le comptoir simulé
Il pose son ordonnance, il répond dans des bulles et de vive voix, il regarde sa montre ou il s'intéresse. Vous lui répondez en écrivant ou en parlant, comme au comptoir, et il réagit à ce que vous dites. Chaque patient suit des règles secrètes : ce qui retient son attention, les arguments qui le font avancer, ceux qui le font partir. Douze profils, huit entretiens, 96 patients.

Les dossiers thématiques
Pas de longues pages de conseils : chaque dossier s'ouvre comme un parcours, une idée à la fois, entrecoupée de quiz, de mises en situation au comptoir, de phrases à trier, et d'exercices où vous écrivez votre réplique, corrigée par un formateur en quelques secondes. Chaque leçon affiche son niveau de preuve : ce qui est démontré par des études, ce qui est recommandé, ce qui vient du terrain.
1Le constat, les vrais motifs de refus, et ce qu'est vraiment un entretien
2Le contenu réel des entretiens, séance par séance, et ce qu'il vous donne le droit de promettre
3Ce qui fait accepter un patient, quel que soit l'entretien
4Réciprocité, engagement, preuve sociale, sympathie, autorité, rareté, unité : ce que vend un bon commercial, mis au service du patient
5Sécurité, orgueil, nouveauté, confort, argent, sympathie : entendre la motivation, puis parler sa langue
6Repérer, ouvrir, relier, accueillir, proposer, confirmer, tracer
7Attention, Intérêt, Désir, Action : le chemin du patient, de la première phrase au rendez-vous
8Ce qu'on dit, comment on le dit, et ce qui fait fuir
9La même proposition, dite autrement, ne vaut pas la même chose
10Question ouverte, reflet, valorisation, résumé : l'écoute qui fait dire oui
11Les dix phrases que vous entendrez, et comment rebondir
12Le moment où l'on arrête d'argumenter et où l'on note un rendez-vous
13Reconnaître en dix secondes à qui vous parlez, et ce qui le fait avancer
14Les études qui fondent chaque ressort, et celles qui les nuancent
15Organiser l'officine pour que l'on propose, et ne jamais franchir la ligne
Quinze dossiers, 95 exercices, environ 10 heures de formation, avant même le comptoir.
Douze profils
Les douze profils reviennent sur chaque entretien, avec les objections propres au traitement. Le pressé sous AOD ne se convainc pas comme la jeune maman pressée qui vient pour du fer.
Il a un rendez-vous, une place en double file, un enfant à récupérer. Chaque phrase de trop le rapproche de la porte.
Il ne comprend pas ce qu'est un entretien pharmaceutique ni pourquoi un pharmacien voudrait lui parler de son traitement.
Il prend son traitement depuis des années, il gère, il n'a besoin de personne.
Il soupçonne une arrière-pensée : vendre quelque chose, faire du chiffre, ficher ses données.
Son traitement l'inquiète, il a lu des choses, il a peur des effets indésirables ou d'une complication.
« C'est mon médecin qui s'occupe de ça. » Il ne voit pas pourquoi le pharmacien s'en mêlerait.
Il vient chercher le traitement d'un proche (parent, conjoint). Il est fatigué, débordé, et ce n'est pas lui le patient.
Tout ce qui ressemble à un service a forcément un coût. Il fait attention à chaque euro.
Il s'est renseigné, ou il est du métier (infirmier retraité, ingénieur). Il teste votre compétence.
Il n'aime pas parler de sa santé, encore moins au comptoir avec trois personnes derrière lui.
Il est de mauvaise humeur : produit manquant la dernière fois, attente, mauvaise nouvelle médicale. Il n'est pas là pour discuter.
« À quoi bon ? » Il minimise sa maladie, ou il a baissé les bras.
Huit entretiens
Pour chacun : un dossier interactif (le cadre, le bon moment, les accroches, les objections, l'ordonnance, vos exercices), puis les douze patients du comptoir.

AOD
Pas de prise de sang, un comprimé qui a l'air anodin : c'est justement pour ça que les patients sous apixaban, rivaroxaban ou dabigatran oublient, s'automédiquent et saignent. À vous de leur faire accepter trois rendez-vous qui changent tout.
Voir le cadre
AVK
Les AVK restent l'une des premières causes d'hospitalisation d'origine médicamenteuse en France : quelques entretiens bien menés au comptoir peuvent éviter une hémorragie ou un AVC.
Voir le cadre
Asthme
Deux asthmatiques sur trois se servent mal de leur inhalateur sans le savoir : dix minutes pour regarder le geste, et le traitement de fond se met enfin à marcher.
Voir le cadre
Bilan de médication
Cinq, huit, douze boîtes, trois prescripteurs et le Doliprane du placard : personne ne les regarde jamais toutes ensemble. Apprenez à proposer ce regard sans que le patient se sente jugé sur ses médicaments.
Voir le cadre
Anticancéreux oraux
Proposer un accompagnement à quelqu'un qui vient d'apprendre qu'il a un cancer, sans le brusquer, sans lui faire peur, et sans passer pour un doublon de l'hôpital.
Voir le cadre
Grossesse
Cinq minutes au comptoir pour qu'un ibuprofène, une huile essentielle ou un traitement arrêté en douce ne coûte rien au bébé, et pour faire le point sur les vaccins qui le protégeront à la naissance.
Voir le cadre
Opioïdes
Cinq minutes pour sécuriser un antidouleur que le patient connaît mal, sans jamais lui donner l'impression qu'on le soupçonne.
Voir le cadre
Bilan prévention
Le patient vient pour une boîte d'antibiotiques ou un gel douche : à vous de lui faire accepter 30 minutes gratuites pour parler de sa santé avant qu'elle ne pose problème.
Voir le cadre
Le formateur
Après chaque échange au comptoir, le débrief reprend vos répliques mot pour mot : celles qui ont fait avancer le patient, celles qui l'ont refroidi et ce qu'il fallait dire à la place. Dans les dossiers, le même formateur corrige les répliques que vous écrivez : critères vérifiés, points forts, version réécrite prête à dire.
Pour toute l'équipe
La plupart des entretiens se gagnent ou se perdent au comptoir, en trente secondes, bien avant le rendez-vous. La formation s'adresse autant aux préparateurs qu'aux pharmaciens : les dossiers posent la façon d'engager la conversation, chaque module donne les mots propres au traitement.

Accès à la formation
Un paiement unique de 299,90 € TTC pour un an d'accès.